Le foyer est un lieu fondamental où se bâtît le bonheur des familles dans l'ensemble et le bonheur de chaque membre de la famille en particulier. Il serait donc intéressant de se pencher sur la question de la réussite dans les foyers. Comment réussir dans son couple? Un prêtre, le père Rémy Crochu nous aide avec un élément de réponse élaboré à partir d'une belle métaphore musicale que je te propose ici. Découvre!
L’amour, vécu dans le sacrement de mariage, est une symphonie dont voici le solfège : le solfège de l’amour !
1) Première leçon de solfège ! Il suffit
de 7 notes pour écrire les plus belles symphonies ! Do, ré, mi,
fa, sol, la et si.Do, comme do-cilité, doigté, douceur, don.
L’amour est un art qui tient plus de la couturière que du boxeur.
Ré, comme responsabilité, respect,
réconciliation. La vie du couple a ses exigences sans lesquelles l’amour
tient de la caricature.
Mi, comme my-stère et comme mi-ssion.
L’amour qui réunit l’homme et la femme vient de plus loin qu’eux-mêmes ;
et celui-ci les porte aussi plus loin qu’ils ne l’imaginent. Il n’y a pas de
véritable amour s’il n’y a place à l’émerveillement de l’un vis-à-vis de
l’autre.
La note fa m’a un peu embêté, je vous
l’avoue. Cette note peut sembler sonner comme fa-cilité, fa-deur ou fa-talité.
Attention : ce ne sont là que des fausses notes. Je leur préfère sans
hésiter des mots comme fa-mille, fa-milier !
L’amour n’a rien de commun avec le chacun pour soi. Il est fécond, il est vie
donnée, il est fa-mille. C’est sans doute la raison pour laquelle
Jésus rappelle à son auditoire l’amour de Dieu pour « les enfants
et ceux qui leur ressemblent » (Marc 10, 14). La note sol pourrait se suffire à
elle-même. Le couple ne peut tenir que s’il est solidement enraciné dans la
réalité, que s’il garde les pieds sur terre. En d’autres termes, il doit rester sol-ide en
se faisant sol-idaire. Un couple solidaire des hommes, de vos
contemporains, de vos proches, et des petits, surtout. La. Cette note ne fait que confirmer la
précédente. Etre là et non ailleurs. L’amour ne s’accommode guère du rêve,
quand celui-ci est une fuite du présent.
Si, enfin. Une fois encore, je serais ennuyé
si cette note était l’expression d’un conditionnel : l’amour est sans
condition ; il est signature de Dieu et Signe de
son amour pour les… siècles des siècles !7 notes à marier ensemble, à marier à l’infini. Des
notes à accorder, en majeur ou en mineur, qu’importe, du moment qu’elles
s’accordent !
2) Des notes… et des silences. Seconde
leçon du solfège de l’amour. La musique n’est pas complète sans les silences. A
conditions qu’ils ne se réduisent pas à des soupirs ! Il faut prendre le
temps, marquer des pauses, ou simplement des demi-pauses. Le temps de la prière
est de cet ordre-là.3) Des notes, des silences et… du rythme.
Troisième leçon de notre solfège. Temps forts et temps faibles s’alternent,
joyeux triolets ou tendres valses, lamento ou syncopes : qu’importe,
pourvu qu’il y ait du rythme et que la symphonie avance ! Le pire, c’est
lorsque la musique s’essouffle et s’arrête…4) Mais ce solfège serait incomplet si l’on n’y ajoutait les dièses
et les bémols. Quatrième leçon. Dièses et bémols n’ont rien
d’inutile : ils corrigent la note, la modulent. L’amour a besoin de
ces corrections, de ces modulations qui l’ajustent et le font grandir. Les
dièses comme les bémols évoquent, certes, les « accidents » que
rencontrent inévitablement les familles et que l’évangile évoque aujourd’hui à
mi-mot. Les Pharisiens qui questionnent Jésus savent bien qu’il n’est pas
facile de tenir dans la fidélité, de tenir toute une vie, dans l’amour. Mais
les accidents de parcours, tout comme sur la partition, ces accidents qui font
dérailler un moment la musique, seront vaincus et dépassés, un à un, par de la
persévérance dans l’amour, cette vertu qu’on appelle aussi le pardon.Voici donc le solfège que propose l’Évangile pour
écrire la symphonie du couple, l’harmonie de la famille. C’est ce même
solfège qui a permis l’écriture de la partition de l’Évangile. C’est le solfège
qui sous-tend la douce musique du Christ, lui qui a donné sa vie par amour pour
nous et nous la chante encore aujourd’hui à l’oreille, quel que soit notre âge
ou même notre état de vie. Écoutons cette musique et accordons-la à la nôtre
propre. Et que ces musiques — celle du Christ et la nôtre —, ne devenant plus
qu’une, rappellent à tous qu’ils ont leur partition à tenir dans le vaste
concert du monde qui la désire et l’attend. La symphonie de l’amour…
Père Rémy Crochu.